Mot du nouveau président

Par où commencer ? Par le commencement ! Cela fait maintenant trois ans que la Fédération québécoise de sports électroniques (FQSE) existe. Au départ, nous avons créé la Ligue Cyber Espoirs (LCE) dans le but d’appuyer les écoles à instaurer un programme de sport électronique. Le but de la LCE étant double, garder ou « raccrocher » des jeunes à l’école et aussi leur apprendre la pratique saine et responsable du sport électronique. Tout n’est pas parfait, mais la ligue s’améliore chaque nouvelle saison.

Depuis 2017, nous travaillons à la reconnaissance de la fédération comme une régie sportive. Il y a moins de 3 mois, nous avons fièrement déposé notre candidature, mais le gouvernement a décidé d’émettre un moratoire d’un an pour l’accréditation de nouvelles régies. En d’autres mots, ils n’évalueront pas notre dossier et rien ne garantit que le moratoire ne soit pas prolongé d’une année, voire plus…

Pour les années à venir, j’aimerais, si vous le voulez bien, que nous travaillions à la reconnaissance du sport électronique. D’une part, une reconnaissance sociale et de l’autre, une reconnaissance gouvernementale. Car, sans l’appui de la population et d’une structure fédérative comme la FQSE, j’ai bien peur que nous n’ayons pas une reconnaissance gouvernementale.

Si l’on peut remonter à l’époque du PDP-1 et de Spacewar! (1962) pour trouver les premières traces du sport électronique, disons qu’il fait officiellement son entrée au début du XXIe siècle. Près de 20 ans d’existence et pourtant nous sommes encore à justifier notre passion. J’ai cru longtemps que le temps allait arranger les choses, que le jeu vidéo et le sport électronique seraient socialement acceptés. Pour simplifier, j’ai cru qu’il ne s’agissait que d’un conflit générationnel comme ce fut le cas pour la musique rock et Donjons et Dragons.

Et pourtant…

Récemment encore, le jeu vidéo a été pointé du doigt comme étant l’une des causes des tueries de masse. Toutefois, la science l’a démontré à plusieurs  reprises: il n’y a pas de lien entre la violence à l’écran et un comportement violent. Bref, il ne faut plus accepter ses accusations qui ne servent qu’à distraire des véritables enjeux. Combattons les préjugés ! Car tant que des personnalités publiques colporteront des faussetés, il sera difficile pour le sport électronique d’avoir une reconnaissance sociale et gouvernementale.

Évidemment, ne nous mettons pas la tête dans le sable, nous avons de véritables enjeux. Le premier étant la santé, la santé physique et la santé mentale. Plusieurs joueurs et joueuses ont développé de mauvaises habitudes, nous devons continuer notre travail de sensibilisation pour améliorer la situation. Autre enjeu important : la place des femmes. Tant que la moitié de la population est exclue de notre passion, nous n’aurons pas de reconnaissance. Offrons plus de places aux joueuses et refusons le sexisme. En fait, refusons tout comportement toxique. Pour ma part, j’aime le jeu vidéo et le sport électronique parce qu’ils peuvent être pratiqués par tout le monde, sans discrimination d’âge, de genre, d’orientation sexuelle et d’origine.

Join the game ?

Oh, j’oubliais, je me présente, Louis-David Lalancette-Renaud. (Oui, je sais, je suis super facile à trouver sur les réseaux sociaux 😉.)

Louis-David L.Renaud

Nouveau président de la Fédération québécoise de sports électroniques.

Louis-David L. Renaud est candidat à la maitrise en communication, concentration Jeux vidéo et ludification. Son sujet de mémoire concerne la ludification, Classcraft et la motivation. Abonné au parcours éclectique, il a complété une technique en informatique au Cégep de St-Félicien en 2002, un baccalauréat en histoire à l’Université de Montréal en 2007 et a travaillé en coopération internationale. Ses intérêts en jeux vidéo sont tout aussi variés : sport électronique, retrogaming, ludification et big data.

Actuellement, il est assistant de recherche, membre de la  Chaire de recherche du Canada sur les données massives et les communautés de joueurs, il s’implique avec le groupe de recherche Homo Ludens à l’UQAM et est webmestre du site web Vectis.ca. Vous pouvez le contacter sur son site web : louisdavid.net (oui, il est aussi graphiste et designer web).